lundi 15 septembre 2008

il y a longtemps mais ce pourrait être hier ou demain, la nuit est tombée et m’a engourdi de cette lassitude passagère des jours trop longs, je me suis posé dans un jardin déserté et j’ai fermé mes yeux pour évacuer la fatigue
  
une ombre est venue me trouver, lente et grave, puissante et gracieuse comme un orage silencieux, je n’ai pas reconnu le bruit de son pas si constant, résonnant dans le creux de mon cœur battant
  
et pourtant nous avons si souvent parcouru le monde côte à côte, un pas à la fois, sans jamais nous arrêter
  
je l’ai vu souffler le désespoir aux impatients, je l’ai vu mettre de l’ordre aux saisons et récompenser les désirs éternels
  
je l’ai vu mettre en terre des semences d’espoir, je l’ai vu récolter les feuilles dorées des arbres millénaires
  
il connaît mieux que tous la sagesse des espèces, celles qu’il a accouchées, celles qu’il a enterrées
  
il a voulu croquer ma chair et goûter le sang de ma jeunesse perdue, il s’est cassé une dent sur ma volonté, et m’en a fait cadeau, source de conseils infaillibles
  
il est reparti sans me dire adieu, qu’importe nous nous reverrons, lui le maître de toute sagesse, moi la voix de l’attente divine
  
lui, le temps, moi, l’exécutant

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