vendredi 25 juillet 2008

de qui viens-tu comme une réponse à l’appel résolu? as-tu entendu tout ceux qui grognent à l’orée de la ville? et si ta parole n’était pas bien accueillie, te forceras-tu à vivre parmi eux pour apprendre leur langue vulgaire?
– et comment pourrais-je faire autrement, le vent souffle et j’entends sa chanson, elle dit d’ouvrir les yeux jusqu’à ce qu’ils se dessèchent de toute insensibilité, et naîtront les yeux nouveaux
je suis à la recherche de ceux que l’on dit sursensibles, les anormaux de conscience, ceux aux yeux clairs et limpides, ceux qui voient trop et refuse de ne plus voir
je raconte leur histoire à qui veut bien l’entendre, les passants, les courants, le vent du couchant
j’écoute ce que me dit l’écho de leur présence, les graines de leur intelligence, leurs semences polygames
et j’espère de vivre vieux

vendredi 18 juillet 2008

une nouvelle forme
une expression nouvelle
un nouveau charme
  
maintenant parler commun
la langue aux gorges déployées
des rires hérissés
  
maintenant parler pour
expulser
quelques souffles aux désirs
  
généreux de mes mots bien cousus
c’est le filet de mes rêves
que je tisse
  
que je commence par me lever, que je délie ma propre grandeur, et je déploie mon ombre sur ce que je veux caresser, la tête d’un enfant, lui-même caressant un petit poussin
enfin que je sème les mots à son oreille, qu’ils fleurissent à même les pores de ses joues, qu’ils exaltent la beauté du grain, et la lune dans le coin d’œil, patiente
l’écho d’une plainte suffit pour semer la peur d’un adieu, tu veux vivre, tu veux vivre, et ta peau se noie dans ta volonté trempée d’or, de salive et de blâme sanguinolent
fureur, fureur, je te tiens par l’entrejambe, tu n’échapperas pas à la douceur de mes mots, à la douceur de ma peau

vendredi 11 juillet 2008

chant de la force
vive
la victoire
  
à vous mes très chères
et très chers
je vous ai connus sur la route
  
fiers de vos manières de vivre
fières de vos générosités
je vous ai aimés sur la route
  
et maintenant écoutez-moi
je vais chanter pour vous
le chant des nations
  
sommes-nous des êtres de culture?
sommes-nous des êtres aimant
vivre entre nous?
  
que veux-tu choisir?
la lenteur de la nature
ou le rythme des pas
urbains
  
et pourtant
une seule et même
veine
  
j’ai goûté à la pluie des arbres
j’ai dormi dans un nuage
j’ai senti le souffle des montagnes
dans mes cheveux emmêlés
  
j’ai marché
choyé de ta présence
divine amie
  
j’ai salué les esprits de la forêt
tous réjouis de mes réjouissances
ils ont souri
et les vents se sont mis à danser
  
l’esprit du constructeur
est fort
au creux de la vallée
des Castors
  
il a détourné des rivières
pour le plaisir
de construire leur œuvre
  
j’ai croisé les survivants de ce peuple
ils continuent
de construire leur œuvre
inlassablement
sans jamais autre but
  
que de vivre
près de l’eau calme
un soir d’été
  
ronger, nager
dormir
peut-être ronfler
  
et toi peuple des berges du fleuve
du nord et du sud
as-tu l’œil ouvert
pour les splendeurs des verts
et le ciel bleu et brut
les splendeurs
sautillantes de ton coeur

vendredi 27 juin 2008

je dirai
ce que j’aurai à dire
sans détours
  
je dirai
que la terre veut accoucher
la terre s’est ouverte
pour libérer le nouveau divin
  
qu’il soit la joie de tous
qu’il soit la fête
un soir de tempête
  
j’attends que les mains
s’offrent pour cueillir
les rêves qui ont pris leur temps
entre mûrir et mourir
  
combien seront-elles
à choisir ou non
le mouvement
la matière
la chaleur du corps
le souffle de l’air parfumé
les cheveux comme de la soie
les doigts entrelacés
  
rien pas même moi
ne connaît les caprices du temps
non aujourd’hui
oui demain
oui depuis toujours
qui connaît l’amour?

vendredi 20 juin 2008

et aujourd’hui
le jour le plus long
je suis à l’écoute
  
mon ventre veut se remplir
de votre nourriture
connaissance de votre humanité
  
la logique est une émotion
un contrepoison
contre la peur de mourir
  
la logique n’est qu’une émotion
parmi tant d’autres
tumultueuses
  
une somme
tout le corps qui pense
et le cerveau qui perçoit sa finitude
  
aujourd’hui jour le plus long
l’impulsion
me parcourt
de mes racines
à ma cime
aux bouts de mes doigts émoustillés
  
je dis que nous sommes
ce que nous acceptons d’être
même les créateurs de nos malheurs
à nous aujourd’hui de devenir
les créateurs de ce que nous aimons
  
j’ai le cœur comme une danse
il bat aussi vite
que les ailes d’un oiseau
  
ces dragons de plumes
qui sont-ils sinon
les messagers de nos rêves
  
ils me guident au cœur de la ville
avec eux je souris
de mes aventures à venir
  
dans ma quête de l’oracle
en quête de la lecture
du nouveau testament
d’un dieu à l’agonie

vendredi 13 juin 2008

au pied de la ville

elle m’accueille
dans ce monde à horaire
dans ce monde à télé
  
au pied de la ville
je prends mon souffle
je prends mon calme à deux mains
mon calme revêtu comme une cape
et sous mon capuchon
ma pensée est claire
limpide pour ceux qui ont soif
  
au pied de la ville
je touche son orteil
et je la sens frémir
  
elle est si chatouilleuse
et si capricieuse
qu’elle préfère oublier
plutôt que d’inviter
ceux qui se tiennent à sa porte
mais qui n’osent pas entrer
ne veulent pas se laisser guider
dans son ventre tourmenté
  
je ne suis pas de ceux que l’on oublie
ni de ceux que l’on maudit
je suis une voie
que les divins arpentent
  
et maintenant mon chemin devient rue
et mes champs et forêts
seront recouverts de présence humaine
asphalte et béton
et je dis que je gagne ce que je perds
les forces de la terre
qui ancrent nos maisons
et nos vies
sont éternelles
  
« éternelles comme notre aveuglement »
me répond en riant
un vieillard borgne
  
comme s’il avait lu mes pensées
de mon regard songeur
à son œil perçant
il est vrai que nous ne voyons pas assez
nous ne cherchons pas suffisamment à voir
comme discipline du rêve éveillé
  
il faut savoir ce que nous cherchons
et nous aurons notre lumière
et les courants marins porteront nos navires
là où nous le voulons
  
« mais savais-tu cela?
que la mer est devenue océan
et que la ville que tu as quittée
ce qui a jadis été
une île inhabitée
occupe maintenant
l’horizon d’un continent
  
mais pourquoi viens-tu
que caches-tu
sous ce capuchon
et cette cape? »
  
rien si ce n’est que ma peau
le lieu de mes pensées
le lieu de mes poèmes
  
et quand je marche
je marche dans la profondeur de mon être
je marche dans ce que j’aime

vendredi 6 juin 2008

l’un se plaint
que ses rêves
sont trop petits
  
et l’autre renifle
un peu de confiance
en poudre
  
l’un veille sur l’autre
comme les deux faces
de la lune honteuse
  
j’ai pris le bus
qui me ramène chez moi
la maison de mon enfance
maison de l’oracle
  
que sont-ils devenus
mes souvenirs
passagers comme moi
avalés par la gueule d’une machine
  
les roues sauvent du temps
en sauvant des pas
car notre temps est compté
vous le saviez
  
notre temps
a la grandeur
de nos mains

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